Les Maldives, quand le rêve tourne au cauchemar (écologique).

Les Maldives ont un secret bien gardé.

Nous connaissons tous cette destination de rêves, aux eaux turquoises et au sable blanc immaculé. Idéales pour chiller et faire de la plongée, les Maldives sont une destination très prisées pour qui veut se ressourcer loin des grandes villes. Cependant, tout n’est pas rose (ou bleu turquoise en l’occurrence) aux Maldives.

Si l’approche aérienne des îles nous offre un magnifique spectacle d’eaux azures et de coraux, quelques volutes de fumée viennent gâcher le paysage et révèle un désastre environnemental.

L’île de Thilafushi, la décharge à ciel ouvert.

Située à 30 minutes en bateau de Malé, la capitale, l’île de Thilafushi ressemble à toutes les autres îles des Maldives : du sable blanc, une eau turquoise cristalline, qui ont fait la renommée de ces îles. Cependant, aucun touriste n’y mets les pieds et c’est bien d’elle que provient la fumée que nous voyons à atterrissage.

Copyright : le journal de la réunion

D’où provient-elle? Des milliers et milliers de tonnes d’ordures accumulées par les touristes et les locaux, auxquels les employés de la décharge ont mis le feu.

Originaire du Bangladesh, Fusin (personnage principal de l’article) est donc un employé de l' »île poubelle » et reçoit 350 dollars par mois pour un travail de 12 heures par jour, 7 jours sur 7. Cela fait 4 ans que Fusin travaille sur cette île, c’est les yeux larmoyants et la voix abîmée par l’exposition aux fumées toxiques qu’il a accepté de parler de son travail au Journal de la Réunion. Depuis 4 ans, il surmonte les montagnes de déchets, protégé uniquement de ses chaussures à coquille en métal.

Dans la longue liste de déchets qu’on peut trouver sur cette île, on retrouve des bouteilles de bière proposées uniquement aux touristes puisque la majorité des Maldives est musulman. On y retrouve aussi les formulaires des transferts par bateau, des cartons de jus de fruits, des sacs plastiques à profusion et des légumes avariés.

La décharge à ciel ouvert, une conséquence de la négligence mondiale envers la Planète?

Depuis 16 ans maintenant, le gérant du site, Islam Uddin, déplore le manque d’avancées et la négligence des gouvernements successifs. Il explique qu’auparavant, il y avait un tri entre le papier et le carton, mais qu’il a été interrompu par le manque de moyens de l’entreprise.

Il regrette également la privatisation réalisée en 2008 avec un groupe de gestion de déchets indo-allemand, qui n’a pas du tout eu les résultats escomptés, mis à part quelques soubresauts politiques.

A l’heure actuelle, seules les bouteilles en plastiques, les moteurs à essence, les métaux et les papiers sont triés pour être envoyés en Inde. Les malheureux déchets ne faisant pas partie de cette liste sont condamnés à partir en fumée sur l’île, dont les déchets électroniques et les piles. L’incinérateur haute technologie promis lors de cette fameuse privatisation est loin d’être arrivé.

Copyright : Le journal de la réunion

Des idées pour supprimer cette décharge à ciel ciel, cauchemar de l’archipel des Maldives?

Le Journal de la Réunion a également interviewé un militant de l’ONG Bluepeace Maldives (ONG locale et écologiste) Ali Rilwan qui s’inquiète des conséquences de cette décharge car les métaux lourds contenus dans les déchets électroniques comme le plomb ou le mercure termine dans l’eau ou/et dans l’air, ce qui pourrait impacter notre chaîne alimentaire.

Selon le gouvernement de cette archipel aux eaux cristallines, chaque vacanciers génère 7,8 kg de déchet par jour contre 2,8 kg pour un habitant de Malé. Chiffre très inquiétant quand on sait qu’il y a environ 1 million de touriste par an, soit 3 fois le nombre de résidents des Maldives.

Selon le conseiller municipal de Malé, Ahmed Kareem, un projet est en cours afin d’arrêter de brûler les déchets, débuter la construction de l’incinérateur par l’opérateur privé indo-allemand, mais aussi ramasser les ordures à domicile dans la capitale et intensifier le recyclage. Il est également prévu de surveiller la pollution aérienne et maritime près de l’île de Thilafushi et ne pas étendre la déchetterie.

Le gérant de la décharge ne perd pas espoir quant à avoir de nouveaux engins pour trier plus facilement les déchets sur l’île, où commence à s’amonceler des pelleteuses et des bulldozers qui ne fonctionnent plus.

Et s’il y avait d’autres solutions?

L’article du Journal de la Réunion a été rédigé en 2013, je doute que la situation se soit arrangée depuis. Un des articles les plus récent que j’ai trouvé sur l’envers du décor des Maldives date de 2016 sur EasyVoyage :  l’aventurière Alison Teal s’est donnée pour mission d’informer sur la situation par le biais d’une vidéo volontairement choquante et de photos ironiques et provocatrices. Une des conséquences positives de son message a été de déclencher des ramassages de déchets par des volontaires.

Pourtant, de mon point de vue, d’autres choses sont possibles :

  • En tant que touriste, vous pouvez choisir de refuser des choses comme les pailles dans vos cocktails, un petit geste qui change pas mal la donne.
  • Vous pouvez aussi choisir des produits faisant partie de la maigre liste des déchets recyclés (bouteilles en plastique et papier).
  • Vous pouvez ne pas jeter ce qui ne recycle pas : par exemple, vous pouvez garder vos piles usagées avec vous et les faire recycler dans votre pays.
  • Concernant les hôtels et les activités, il serait possible d’utiliser des produits à faible impact comme la lessive pour les draps et les serviettes, ne plus proposer des verres en plastiques à usage unique dans la salle de bain. Proposer aussi des activités éco-responsables pour préserver la magnifique archipel des Maldives.
  • Quant au gouvernement, supprimer les sacs plastiques serait déjà une belle avancée car ils ne recyclent pas et détruisent la faune et la flore, qui font la richesse du pays grâce au tourisme.

J’espère que cet article vous a plu. Loin de moi l’idée de boycotter les îles de Maldives, cependant, si vous souhaiter y aller, allez-y en connaissance de cause. Vous pouvez toujours en parler autour de vous, en France ou durant votre séjour. L’argent attire l’argent : plus il y aura de touristes qui voudront des activités éco-responsables, plus il y en aura et on peut espérer que la pollution de l’île poubelle diminuera.

Je vous embrasse,

Pour aller plus loin:

Un article de Consoglobe sur la poubelle des Maldives.

Un article de Sciences et Avenir.

Si même le Daily Geek Show en parle. 

 

 

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8 réflexions sur “Les Maldives, quand le rêve tourne au cauchemar (écologique).

  1. Argh. J’ignorais tout de cette île-poubelle, je suis contente que tu aies partagé cette info ! Les joies de la pollution environnementale vs les joies de la privatisation, deux méchants qu’il ne fait pas bon de voir s’associer !

    1. Malheureusement, les Etats n’ont pas envie de changer la donne non plus. Les catastrophes naturelles augmentent le PIB (soins, acheminements de provisions, reconstruction…) en pensant que quelques milliers de morts, ce n’est qu’une statistique. Or le PIB, à quelques millions près, c’est une statistique aussi.

    1. Avec le Sommet à Varsovie, je ne me fais pas trop d’illusions. C’est un peu comme « oh mon dieu, vous avez vu ces déferlements climatiques, il faut qu’on fasse quelque chose ! Comment ça produire moins & consommer mieux? Ah non, je suis pas d’accord, les catastrophes naturelles ça fait gagner des sous & augmenter le PIB! »

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